Le débat

VDA-FFF2040 : un retour aux origines par les instruments du progrès


L’urgence d’aujourd’hui : la covid-19. 

L’urgence d’aujourd’hui et de demain : la récession économique.

L’urgence d’aujourd’hui, de demain et d’après-demain : les changements climatiques.

Quelles sont les recettes pour s’en sortir ?

Voici une solution qui tient ensemble la reprise économique et l’environnement. 


Préambule

Qui sommes-nous ? Et dans quelle direction voulons-nous aller ?

La société liquide dans laquelle nous vivons nous impose la nécessité de nous arrêter un moment pour comprendre ce que nous sommes devenus et surtout où nous voulons aller. 

On pourrait bien ouvrir une rubrique sur cela, pour faire le point de la situation de l’état culturel, identitaire, linguistique, des valeurs, des principes du Peuple Valdôtain.

Mais dans ces quelques mots je veux me borner à un aspect spécifique, à un atout particulier, qui pendant ces décennies du bien-être a été banalisé, ou mieux, surclassé par d’autres “valeurs” : l’environnement et son développement, soit le progrès qui en découlerait. 

Tout d’abord, quand on pense à notre région, dans sa connotation géopolitique, et à ses atouts, et on veut rechercher ses caractéristiques principales, ne faut-il pas identifier ses fondations structurelles, physiques et éthiques, exactement comme on pourrait, de la même manière, analyser l’ADN d’une personne et sa psychologie ?

Or, pour notre Région, dans sa connotation la plus ample, l’atout principal n’est-il pas le terroir, l’environnement et tout ce qui s’est développé dans lui, sur lui, grâce à lui ?

En effet, à partir de notre société, de notre démographie, de notre législation (qu’on devrait être à même d’utiliser d’une façon plus importante), de notre Culture, de nos rapports avec les territoires limitrophes, de notre économie, tout est lié indissolublement à notre Territoire. 

En cherchant à focaliser encore mieux le sujet sur lequel je voudrais dépenser quelques mots, je veux vous parler d’un aspect bien précis de concept d’environnement voire d’une petite partie d’un monde encore tout à explorer et à développer ; en tenant toujours bien en compte que je parle d’un territoire où le peuple qui l’habite doit nécessairement garantir son développement. 

Finalement, de nos jours, la conscience liée à l’importance de l’environnement est devenue plutôt forte et je retiens que nous, les Valdôtains, nous ne pouvons rater cette occasion sur un thème qui caractérise notre intimité : il appartient à notre essence (et beaucoup d’entre nous l’ont découvert d’une façon encore plus importante pendant la tragédie de l’urgence sanitaire de la covid-19).

La stratégie Fossil Fuel Free 2040

Ce petit préambule pour introduire un sujet auquel je tiens particulièrement parce que, si compris et adopté de la façon correcte, il porterait la Vallée d’Aoste à se distinguer dans le panorama régional européen.

Déjà dans la campagne pour les élections régionales de 2018, au comice tenu à Arvier, j’avais annoncé la possibilité d’envisager la Vallée d’Aoste comme une terre ne plus dépendante des combustibles fossiles parce que je retiens qu’on a toutes les ressources pour procéder dans cette direction et que les temps étaient mûrs donc pour utiliser uniquement des ressources renouvelables.

Par la suite, dans l’automne-hiver de 2018, j’ai lancé, au sein du Conseil régional, l’idée d’une stratégie pour une Vallée d’Aoste  “Fossil fuel free” en 2040 à travers un ordre du jour, signé aussi par d’autres collègues, qui a été heureusement voté à l’unanimité.

Les bureaux régionaux, après avoir analysé toutes les données, en prenant une photo de notre situation sur l’anhydride carbone équivalente (avec le but de comprendre si on est proche à la neutralité carbone, c’est-à-dire l’équilibre entre la CO2 produite et la CO2 absorbée), ont commencé ainsi à écrire la “Stratégie Fossil Fuel free 2040”. Cependant, depuis lors, deux années se sont écoulées, et pour différentes motivations liées à la covid-19 et aux folies politiques d’avoir eu un Conseil presque sans pouvoir pendant 10 mois, la stratégie n’a pas encore été présentée…  Aujourd’hui, est venu le moment de la mettre en pratique. D’autant plus que le temps pour faire démarrer ce projet est plutôt réduit.

Vallée d’Aoste Fossil Fuel Free 2040, que signifie-t-il ?

Au-delà du nom – on pourrait en effet l’appeler avec n’importe quel mot – il est plutôt simple de comprendre le concept qui est à la base : il s’agit de l’abandon des combustibles fossiles dans toutes les activités anthropiques au Val d’Aoste (mobilité, chauffage des bâtiments, etc).  

En bref, cela signifierait avoir une région qui ne dépendrait plus des combustibles fossiles comme le gaz, le gazole, l’essence etc., mais qui exploiterait les ressources dont nous disposons : les eaux, le vent, le soleil, les biomasses, l’hydrogène (en forte expansion) et toutes les nouvelles technologies mises à disposition de la part de l’économie green, ou soutenable.

Mais pourquoi cela ?

Il est sous les yeux de tout le monde, dans le sens de monde entier, que le problème des changements climatiques représente une des menaces parmi les plus graves pour l’humanité, surtout pour les territoires alpins.

Au fur et à mesure que les années passent, l’humanité entière est heureusement en train de s’apercevoir que le moment de faire semblant de rien est terminé et qu’il faut agir.

Politiques internationales, protocoles internationaux, fonds d’investissements sont en train d’être mis en œuvre, jour après jour, pour contraster ce terrible phénomène qui parait dégénérer rapidement. 

Désormais l’économie “green” – toute cette économie qui regarde avec attention à l’environnement – est devenue heureusement soutenable aussi du point de vue des coûts (qui sont aujourd’hui concurrentiels), même si parfois des contradictions existent encore.

Et alors pourquoi la Vallée d’Aoste, région européenne et territoire alpin, lieu des montagnes les plus hautes d’Europe, qui a comme atout principal le terroir et toutes ses valeurs intrinsèques, à un moment où l’humanité est poussée vers une certaine direction, ne veut-elle pas donner l’exemple au niveau européen et, pourquoi pas, mondial ? Et être ainsi, pour une fois, la plus vertueuse au niveau européen ?

Nous avons tous les atouts pour vaincre ce défi : nous avons les eaux et la possibilité de les exploiter, pour l’instant (un dossier stratégique à suivre est certainement celui de CVA) et un surplus d’énergie hydro-électrique que nous exportons ; nous avons un territoire complexe, mais qui peut être aménagé d’une certaine façon (par exemple en créant aussi des smart grids) ; nous avons de petits numéros sur lesquels une expérimentation intelligente est possible ; bref, nous avons tout ce dont nous nécessitons.

Les avantages seraient multiples : tout d’abord environnementaux, même si nous n’avons pas la présomption de résoudre tous les problèmes de pollution de la Terre, mais nous pouvons certainement résoudre ceux de notre communauté;  puis économiques, c’est-à-dire que pendant 20 années nous avons la possibilité incroyable de créer une économie liée à ces genres de secteurs; de plus technologiques, créer au Val d’Aoste un pôle de recherche et un centre de start up exclusivement centré sur les nouvelles technologies “green”, point de repère pour l’Europe entière (en profitant aussi des nombreux polytechniques qui nous entourent) ;  encore touristiques, imaginez de présenter la Vallée d’Aoste sur les marchés touristiques de tout le Monde en soulignant cet aspect en particulier ; et enfin expérimentaux, c’est-à-dire pouvoir  se proposer au sein des institutions européenne comme une région où lancer ces projets de recherche qui attireraient de forts investissements.

Et alors, quelles étapes ?

Evidemment tout cela est possible uniquement avec la programmation et comme toutes les visions politiques, ont la nécessité d’avoir une planification bien étudiée pour être accomplies. 

Tout en avouant de ne pas connaitre dans le détail des interventions planifiées par la stratégie, qui seront forcément à retenir car établies par des professionnels,  je propose toutefois mon humble programmation.

La stratégie se déroulerait en 20 années, soit 5 cycles de 4 années (2021-24, 2025-28, 2029-32, 2033-36, 2037-40), où chaque cycle serait ainsi organisé :  au cours des premières trois années (qui correspondent aussi à la programmation du budget) on prévoit les actions pour la réduction des combustibles fossiles et dans la quatrième on tire le bilan des trois années précédentes pour programmer ainsi le cycle suivant.

Les actions pourraient être les plus différentes : à partir des contributions pour la substitution et l’amélioration de technologies dans le domaine de la mobilité, aux défiscalisations pour certains investissements (évidemment aussi pour les entreprises), etc .. Bref, les outils avec lesquels rejoindre ce but pourraient être les plus variés.

Tout cela évidemment nécessite de la collaboration entre plusieurs structures fondamentales : la Présidence de la Région et les assessorats compétents ; les “in-house” et les autres sociétés de la RAVA pour procéder aux analyses des données (COA, ARPA, CVA etc.) et, pourquoi pas, une structure qui gère tout cela (un renforcement du COA ?), qui tienne aussi en compte la part d’attractivité des entreprises, la partie des recherches et les rapports avec les commissions européennes compétentes et l’ENEA.

Avoir une stratégie de cette importance sans faire la promotion par le marketing évidemment signifierait ne pas être dans la mesure de la faire connaitre : c’est pour cela que, une fois approuvée, des congrès de présentation seront tout à fait nécessaires pour sensibiliser les institutions qui pourraient voir le Val d’Aoste comme une Région pour expérimenter ce but ambitieux. 

La politique, la vraie, devra accomplir ses devoirs évidemment.

Les financements, fondamentaux pour entreprendre ce genre de stratégie, doivent nécessairement prévoir deux volets : un interne représenté par la plupart par les profits de CVA, qui, sans compromettre sa capacité de lutter sur le marché toujours plus complexe et compétitif des nouvelles économies, devrait être considérée la base du financement de cette stratégie (aussi pour la partie de recherche?) ; l’autre, externe, représenté par le dialogue avec l’UE, les Commissions compétentes, l’état Italien et toutes les organisations qui voient dans cette stratégie une occasion pour créer un exemple à suivre et pourquoi pas du business, évidemment surtout en faveur et dans le respect de notre Région.

Conclusion

Permettez-moi, enfin, de revenir sur la planète Terre. Je suis en effet bien conscient que la situation actuelle est dramatique : notre économie, nos gens, notre Région en général sont en difficulté. Toutefois, je crois aussi que c’est en des moments comme celui-ci que nous devons regarder de l’avant, sans crainte de poursuivre les idées qui concernent le plus notre territoire et de nous pencher sur les opportunités que cette crise nous offre. Mais attention, le temps que nous avons pour démarrer, j’insiste, est très limité, il ne faut plus tourner autour du pot…

Donc, ces quelques lignes pour stimuler ultérieurement un débat sur ce genre de politiques, sur lesquelles nous devons miser notre développement culturel et économique : retourner aux origines par les instruments du progrès.

Joël Farcoz

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